L'ILIADE


Un palc dont la fresque extérieure restitue la mer, Poséïdon, l'armada grecque en route pour Ilion. A l'intérieur, une autre fresque relate la guerre de Troie. Une comédienne-chanteuse et un musicien racontent l'épopée d'Homère, le siège, Hélène, Agamennon, Achille, Hector, Ulysse, …


distribution


mise en scène, adaptation et scénographie Charlie Brozzoni
texte Homère
musique Claude Gomez
peinture Thierry Xavier

Un spectacle Cie Brozzoni
Coproduction Bonlieu Scène nationale Annecy














Avec   
1 actrice-chanteuse    Séverine Fontaine
1 musicien (contrebasse, violon, flûtes, …)    Michel Tabarand
Réalisation peinture    Thierry Xavier et Philippe Clapier
Lumière    Rémi Lamotte
Son    Titou Victor
Régie Générale    Frédéric Todeschini
Costumes    Pascale Robin
Construction décor    Espace et Cie
Ferronerie Pascal Julliard
Production et Diffusion    Philippe Puigserver
Administration    Virginie Bellaïche


synopsis

L’Iliade

Sur la scène, on aperçoit un petit chapiteau sans toit.
À l’extérieur, sur sa paroi, est peinte une grande fresque sur fond bleu mer. Celle-ci raconte le voyage de la flotte achéenne partie à la conquête de Troie. Se dévoilent le calme plat, les tempêtes, les dieux sortant des eaux, les sirènes et autres monstres marins de cette époque. On entend au loin la mer, le cri des mouettes, le souffle du vent. En tournant autour de ce cirque de toile, on découvre une porte et l’on entre à l’intérieur de ce dispositif par la peinture, comme si l’on traversait le miroir de la réalité pour basculer dans des temps anciens. Dedans, est installé un petit théâtre antique. On entend maintenant le chant des cigales. Sur le sol est dessinée la carte du monde, comme le voyaient ses habitants, plat et rond. Sur le pourtour, on découvre une autre fresque de vingt-huit mètres de circonférence. Et, comme un film, se succèdent les images de l’enlèvement d’Hélène, du siège de Troie, de l’interminable guerre, du rêve d’Agamemnon, de la colère d’Achille, de la mort d’Hector, du cheval de bois et enfin du massacre des troyens. Au centre, une comédienne chanteuse attend l’assemblée des spectateurs. À ses côtés, se trouve un musicien. Il joue de la contrebasse, du violon, des flûtes, … Et, lorsque le noir se fait, dans une relation frontale très intime, ils chantent, jouent et racontent l’Iliade. Ils vont donner corps à ce grand poème épique, socle de notre culture, vieux de presque trois mille ans.
Ils nous feront entendre le cliquetis des armes, le souffle du vol des dieux dans l’azur et le fracas de la foudre. On goûtera la poussière du champ de bataille. On verra les hommes se battre entre eux jusqu’à la mort. Les larmes inonderont leur visage de tant de beauté, de bravoure, d’amitié, mais aussi de traîtrise, de lâcheté et de férocité. Par des mots, des mouvements, de la peinture, des jeux de lumière et au son de la musique …, nous voyagerons dans le passé.
En  revisitant l’histoire, peut-être prendrons-nous un peu conscience de notre présent pour mieux nous projeter dans l’avenir ?



 

L’Odyssée

Depuis mon enfance, je suis fasciné par l’Iliade et l’Odyssée d’Homère - par ces dix années de guerre entre achéens et troyens et ces dix années de voyage d’Ulysse. Vingt ans, l’âge de la jeunesse, des rêves, des utopies et de l’énergie débordante.
Après ces dix ans de tueries où il a misé sur la gloire et le combat, Ulysse rentre chez lui avec ses hommes et ses amis. Les cales de ses douze bateaux sont remplies des richesses du pillage de Troie. Il est grand, puissant et renommé. À la suite de ce long périple initiatique où il est confronté à lui-même et au chant de ses sirènes, il revient chez lui à l’âge de la maturité, seul, incapable d’avoir défendu les siens et le butin de ses vingt ans de voyage. Il est faible dans sa force et dans sa ruse. Comme les personnages des grands textes fondateurs, il est déshabillé de tout. Il a « rien » et il est « rien », sinon lui-même. Dans cet état de nudité dans lequel personne ne le reconnaît, il retrouve tous ceux qu’il a laissés, sa femme, son fils, son père, ses serviteurs terrorisés et son domaine en désordre. À quoi lui ont servi toutes ces épreuves puisqu’il retrouve tant de chaos ? Il va lui falloir reconstruire à nouveau « sa maison » pour bénéficier enfin de son expérience, c’est-à-dire de la sagesse acquise. C’est par l’amour des siens et leur reconquête qu’il reprend le goût de la vie avec les autres.



Vers un diptyque …


À travers ces deux récits, j’allais dire ces deux contes, je comprends la nécessité de cette quête comme autant de questions et de réponses aux obstacles  qui sont nécessaires à la construction de notre personnalité et à la réalisation de notre être.
Je n’arrive pas à lire l’Iliade sans l’Odyssée et vice-versa. Mais il faut certainement comprendre le sens du premier livre, celui qui dresse le portrait de la nature de l’homme, avant de s’attaquer à l’aventure intérieure du second. Ce sera notre prochain voyage.
Comme je suis fasciné par ces histoires, j’aimerais partager avec les enfants et les jeunes adolescents une lecture de l’Iliade, dans un rapport de simplicité et d’échange qui puisse nous ouvrir une porte vers notre propre compréhension. Même si nous ne faisons que frôler du doigt le mystère de qui nous sommes. C’est la raison pour laquelle le spectacle sera toujours suivi d’une discussion. Donner juste une piste pour aller plus loin, et faire peut-être un pas vers soi-même et les autres.

Charlie Brozzoni
Annecy, octobre 2008



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