blog de la compagnie brozzoni

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lundi 29 octobre 2007

Dominique Delfan

“Dominique Delfan recoit sur rendez-vous dans le nouvel institut Jacques Dessange. Cette jeune femme d’une quarantaine d’années s’est spécialisée dans l’écoute.” Le papier git par terre dans l’appartement évidé de nos souvenirs. Les armoires béantes disent leur désarroi devant le départ soudain de toutes ses affaires. Les tapisseries exhibent les traces lépreuses des photos arrachées à la va-vite. La lumière ne se cogne plus au désordre familier de notre quotidien. Elle est devenue plus crue et ne me laisse aucune obscurité où cacher mon chagrin. Tout est cyniquement lumineux. Son trousseau de clés, abandonné, renvoie des éclats de diamant qui laisse croire à la magnificiance de la situation. Je sors dans la rue assaillie par le printemps. Les passants arborent des couleurs vives et les sourires virevoltent à la cantonade. L’office de tourisme a ouvert ses portes ce matin et déjà des centaines de laissez-passer ont été validés pour passer la frontière. L’employée ne comprend pas pourquoi j’ai fait la queue aussi longtemps si je ne viens pas réclamer moi aussi mon sésame. Elle me donne l’adresse de l’institut Jacques Dessange situé secteur nord en me qualifiant d’original. Je recois l’adjectif sans broncher, je n’ai pas la tête à me lancer dans une polémique sur la lutte des classes. Je file au nord dans un taxi autorisé. La boutique est clairsemée, je n’ai aucun mal à rencontrer Dominique Delfan. Je lui expose les faits et sort une photo de Salomé sans émotion excessive. Je ne tiens pas à égrenner le chapelet de notre histoire. Devant son silence complice, je sens bien qu’il faut que j’en lâche davantage. Elle m’installe dans un fauteuil confortable et commence à m’enduire le visage de différentes essences. Les concoctions défilent au rythme de mes aveux. Monologue sculpté à coups d’aromates. Parfois je m’assoupis mais les mots continuent de sortir. Un jour, elle me parle pour la première fois -”la séance est finie, au revoir”. La voix est douce et ferme. Je sors, l’été est en train de finir. Au détour d’une vitrine, j’aperçois mon visage. Tout y est inscrit. Comment ai-je pu me tromper tout ce temps ? Je rentre chez moi, remplis une valise et me dirige vers l’office de tourisme. La même employée m’accueille. Oui, il reste encore deux ou trois laissez-passer. Mais je ne pourrais pas retourner avant plusieurs lunes. Je lui confesse que cela m’est bien égal car j’ai maintenant tout mon temps. Elle me scrute longuement avant d’aposer le tampon officiel. Je la remercie et lui laisse le papier-réclame de l’institut Jacques Dessange. Elle l’enfile prestement dans sa poche en m’avouant qu’elle est encore trop jeune. Un jour, oui, pourquoi pas ? Je m’enfourne dans la navette. Nous croisons des vacanciers qui rentrent. Leurs visages sont simplement bronzés. Je ferme confortablement les yeux et m’enfonce dans l’aube.

Philippe Puigserver, une nuit

mercredi 3 octobre 2007

Impression 2007 XX

Re-connection après pause

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dimanche 10 juin 2007

Impression 2007 XI

Aujourd'hui, les élections législatives … Vive le choix !

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samedi 26 mai 2007

Impression 2007 X

Toute sa volonté de le quitter se brisait contre l'évidence de son corps. Son torse ample la rassurait, sa chaleur la réchauffait, ses bras l'abritaient, ses jambes l'enracinaient.

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jeudi 22 mars 2007

Impression 2007 IX

La nuit tombe vite …

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Impression 2007 VIII

Je retrouve la maison. Même pas cambriolée, ma ruse d’une fenêtre entrouverte et de la lumière basse tension dans la salle de bains et dans la chambre a encore fonctionné. C’est bon de se sentir intelligent. Je n’aime pas les maisons barricadées, elles appellent le crime. La peur est le plus beau des chats noirs.

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dimanche 18 février 2007

Impression VII

Même plus le droit de déprimer en hiver et l’on s’étonne de l’épidémie de grippe ! Le cerveau est grippé de ne pouvoir s’abandonner � cette douce mortification de la saison froide pendant laquelle rien ne marche ; on se sent en droit d’être � côté de tout, tout petit, tout inutile, tout vain. Je fais partie de ces gens qui aiment le thé chaud dans le froid, qui accueillent le brouillard et la pluie pour mieux supporter leur médiocrité, qui aiment rouspéter engoncés dans trois pulls et deux anoraks, qui attendent la neige comme une possible rédemption. La mondialisation touche aussi la météo et les mêmes rues commerçantes s’étalent dans le ciel. Trop de beau tue le plaisir et sans plaisir, rien n’est beau …

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Impression 2007 VI

Impression 2007 V

Elle n'arrêtait pas de le taquiner, ce qui à son âge proche de la quarantaine s'appelait l'emmerder, et dans ses moments de lucidité, elle m'avouait , "il est trop bien pour moi". C'est exactement ce que je pensais mais je n'osais lui dire car je la pratiquais depuis un certain temps ; il suffisait que je reprenne ses mots pour qu'elle entre dans une de ses célèbres tempêtes. Dans ces cas-l� , il ne fallait que l'écouter le plus impartialement possible. Écouter des vérités dans la bouche des autres lui était insupportable quand elle estimait avoir fait assez d'efforts en les formulant elle-même.

lundi 29 janvier 2007

Impression 2007 IV

La comté était verdoyante et dodue. Ses hanches surplombaient le hameau niché au creux de ses mamelons, l'église et la salle des fêtes. La terre était bien noire et arrosée, fertile � souhait. Chaque arbre, chaque ruisseau, chaque vache, chaque fourche était � sa place. La neige allait bientôt tout recouvrir et les cœurs des villageois palpitaient. Le train traversait la vallée � grande vitesse. À l'intérieur, les rideaux tirés, les passagers bossaient sur leur ordinateur, téléphonaient, écoutaient de la musique électronique et discutaient des dernières tendances.

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lundi 15 janvier 2007

Impressions 2007 III

Aujourd'hui, lundi, c'est raviolis. L'abbé Pierre vient de mourir.

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jeudi 11 janvier 2007

Impression 2007 2

Nicolas Hulot entre en campagne et ça fait mal ! Des sapins volants s’abattent sur tous les pollueurs (cette voiture n’a pas de pot catalytique), méfiez-vous. Débarassés de leurs guirlandes, ils n’ont plus les boules et ont des fourmis dans les épines ; ils sautent de l’hélicoptère douche-choix-yah et frappent les esprits. De l’impact au pacte écologique, il n’y a qu’un pas. Les verts désespérants et la gauche participe-hâtive vont-ils en subir des dommages collatéraux ? Nicolas sarcle-clôt-s’y va-t-il le récupérer au nom de l’amitié en béton ? Ce suspens vaudra-t-il celui du grand escogriffe et de son possible troisième mandat ? Une femme, un teigneux, un octogénaire, le nouveau Leone tient toutes ses promesses.

mercredi 10 janvier 2007

Impression 2007 1

Je regarde la photo de David avec qui j’ambitionne de donner des rendez-vous réguliers pour émailler cette année 2007, décisive et de « rupture tranquille » selon dieu Media, et je me dis que tout de même, la nature, on a rien inventé de mieux. Ces derniers temps, j’ai tenté de voir des « events » et chaque fois, je n’ai pas pu aller au bout ; pendaison de Saddam Hussein ou spectacle d’Edouard Baer (30 € tarif pro au théâtre de la Croix-Rousse, vive la solidarité des institutions avec la dégradation des conditions de vie des professionnels du spectacle …), pourquoi ne pas les mettre sur le même plan puisque dans la lumière crue du 21ème siècle, tout se vaut, tout se consomme, tout s’oublie. J’ai dormi aussi hier soir avec ma fille, au grand dam de tous les pédopsychiatres de la terre, et le matin, je n’ai pas réussi me lever, hypnotisé par cette boule de chair au commencement de sa vie. Le ciel, un zapping perpétuel, la respiration d’une petite fille qui dort, 2007 ne sera pas révolutionnaire mais restera le même combat quotidien pour choisir sa place d’où voir le monde.

dimanche 17 décembre 2006

Simon

Simon prenait rarement ses trains dans les temps. Souvent, il courait, suait, pestait et s'engouffrait dans le wagon au moment où la porte se fermait. Parfois, il voyait le train lui filer sous les yeux. La colère le soulevait alors et il frappait du pied tout ce qui lui tombait dessus ; une canette oubliée, un caniche, son sac de voyage. Une fois même, il avait violemment heurté le composteur qui symbolisait la rigidité de la sncf et des temps modernes laquelle il se soumettait avec trop de bienveillance ; 3 semaines de plâtre.
Simon le savait, il voulait faire trop de choses, il bourrait les heures comme son père jadis le coffre de la voiture familiale les jours de grand départ. Ce père qui mettait un point d'honneur ne rien laisser de ce qu'avait prévu sa femme, quitte laisser ses enfants dans l'inconfort, une fesse sur la banquette, l'autre sur la malette pharmacie.
Simon pouvait s'emporter dans des proportions déraisonnables lorsqu'il s'agissait de vétilles, comme rater un train ou une sortie d'autoroute. Son sens commun se recroquevillait en boule dans un coin reculé de son cerveau, tremblant, les oreilles l'arrière et la rage prenait le commandement. Simon vitupérait ainsi contre lui-même et contre l'ordonnancement du monde et ne souffrait pas qu'on puisse lui venir en aide. Chaque parole de réconfort et d'appel au calme lui cinglait le visage. Il avait alors la force d'un titan car il n'était soutenu par aucune raison. Il réglait ses comptes sa boulimie et balayait quiconque se mettait sur son passage. Sa violence était d'autant plus grande que l'argument était futile.
Ainsi, il pouvait garder son sang froid pour les occasions sérieuses, les situations dites de crise, pendant lesquelles nombre d'amis recherchait sa clairvoyance et ses conseils judicieux.

lundi 20 novembre 2006

Henri Calet

Tant qu' inaugurer un blog, autant évoquer un auteur que j'aime bien … Cela poussera les autres "brozzonistes" évoquer ce qui les meut.

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